Dans l’objectif de rassembler, sans donner une impression d’exclusion pour les non-concernés, nous voulons, via ce travail, mettre en lumière les personnalités féminines du Sport Adapté.

Pour réaliser ce projet nous avons voulu être le plus juste possible afin de rendre hommage à toutes les personnes vivant pour le Sport Adapté, c’est pourquoi j’ai voulu commencer par réaliser le portrait de plusieurs figures historiques féminines du Sport Adapté.

Bill Golladay, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Eunice Kennedy Shriver

C’est la fille de Joseph Patrick Kennedy et de Rose Kennedy, le ménage a eu plusieurs enfants dont un certain John Fitzgerald Kennedy, soit le 35ème président des États-Unis.

Mais aujourd’hui ce qui nous intéresse c’est Eunice Kennedy Shriver, une de ses sœurs. Après avoir passé son Bachelor of Arts in Social Science/Social Thought, elle se marie avec Robert Sargent Shriver qui deviendra l’ambassadeur Américain en France.

En 1968, elle fonde le mouvement Special Olympics, mouvement qui vient en aide par des activités sportives et de plein air aux personnes en situation de handicap mental et/ou psychique, c’est ce qu’on peut appeler comme l’ancêtre du Sport Adapté que l’on connaît actuellement.  Elle est la fondatrice des premiers Jeux olympiques spéciaux.

Mais pour comprendre pourquoi Eunice a fait du handicap mental son combat, il faut s’intéresser à sa famille, plus précisément à sa sœur Rose Marie Kenney, communément appelée Rosemary Kenney. Elle est présentée comme souffrant de trouble de l’humeur et du comportement, elle subit une lobotomie qui échoue et entraîne une dégradation sévère de ses capacités. Elle restera en institution pour le reste de sa vie.

À la suite de ça, Rosemary a été cachée et mise à l’écart de sa famille afin de ne pas entacher la réputation de la famille Kennedy.

Cette expérience a marqué Eunice et lui a fait prendre conscience que les personnes en situation de handicap sont victimes d’une exclusion sociale et médicale, elle prend conscience que ce n’est pas uniquement Rosemary qui était touchée, ce n’est pas isolé comme cas, toute personne en situation de handicap fait face à ce genre de problématique. C’est tout le système qui alimente cette marginalisation.

Elle comprend donc que le handicap mentale (à l’époque appelé handicap intellectuel) n’est pas une honte et qu’il faut changer toute la vision de la société sur le sujet.

Eunice a toujours été sportive et pense que le sport est un outil d’intégration, donc en 1962 elle organise un camp d’été sportif, dans sa propriété dans le Maryland, pour les enfants et jeunes avec un handicap mental et/ou psychique (appelé à l’époque handicap intellectuel) ce qui posera les bases pour le futur mouvement des Special Olympics.

C’est donc comme ça que le 20 juillet 1968 que les premiers Special Olympics débutent. Environs 1000 participants provenant de 26 États américains et du Canada. Elle ouvre la cérémonie et introduit l’emblématique serment des athlètes : « Let me win. But if I cannot win, let me be brave in the attempt. » qui signifie : « Laissez-moi gagner mais s’il m’est impossible de gagner, laissez-moi faire preuve de courage dans mes efforts ».

L’impact des actions d’Eunice Kennedy Shriver est énorme, ces actions sont révolutionnaires, dans une époque où chaque personne ayant un handicap visible ou invisible était mise de côté, invisibilisée, elle décide de les mettre au premier plan, les exposer au regard du monde comme athlètes, pas comme des patients.

Actualités